Voilà maintenant une heure que le cours à commencé dans une salle informatique bondée. Il s'agit pour moi de donner des connaissances de base a un groupe d'étudiants en Master sur les bases de données. Ces étudiants, plutôt versés dans l'art, l'esthétique et la culture s'emploient à comprendre une nouvelle herméneutique délirante sur le monde vue par l'informatique.

Quand soudain, au comble du suspens, se fait entendre un lourd et sinistre toc à la porte. Je m'en vais, inocent, pour ouvrir cette porte et répondre à toute sollicitation. Avant d'atteindre mon objectif, l'un des élèves lance un "c'est mauvais signe... je serai vous, j'ouvrirai pô".
- Qui c'est ? fis-je, façon perroquet de Fernand Reynaud.
- toc toc toc répondit l'autre.
- C'est pour quoi ?
Rien ... je reprend mon cours puis bruits de chaise dans le couloir...
- Il faut, il faut montrer patte blanche !
De fait, je vois une chevelure bouclée apparaître par les vitres au dessus de la dite porte. ... brune... pas blanche... Puis un oeil inquisiteur. Le jeune homme semble se tourner vers un camarade à ses pieds et lui transmettre une information capitale !
- Nooon ! je fais pas cours !! j'explique juste un truc !
Etait-ce la phrase de trop ? Un grand remu-ménage se fait entrendre dans le couloir. Des bimg des bangs, tables et chaises viennent cogner aux portes de la salle. Des pas précipités... le silence ...

Fin de la première partie du cours. J'annonce la pause et m'avance d'un air résolu vers la porte. Je l'ouvre et manque de mourir assomé par une chaise voltigeuse ! Derrière moi, les élèves réagissent calmement. Quelques noms d'oiseaux, mais dans l'ensemble plutôt des lazzi. Me voilà, sur la pointe des pieds en train d'évaluer la situation. Ils ont bien fait leur bariquade les bougres ! L'amoncellement est renforcé par un contrefort traversant le couloir pour venir en butée sur le mur d'en face ! Que faire... J'attrape une première chaise savament emberlificotée. Tire par dessus, par la droite par le dessous, et c'est à gauche qu'elle cède ! Ouf ! une chaise... reste une bonne dizaines d'autres chaises et tables en tout genre.
Un des élèves, peut être le plus souple (?) me dit d'un air assuré "vous inquiétez pas on s'en occupe". Comment a-t'il subit son entrainement ? Je ne sais pas. En attendant il crapahute sur l'amoncellement comme un cabrit et se rerouve de l'autre coté. Il semble être seul. Il dégage quelques chaises, ce qui permet à quelques gaillards de le rejoindre depuis l'intérieur de la salle. Me voilà libre !!
Pour mon prochain voyage, je pars en Colombie...